C’est la question posée aux experts participant au Grenelle
des Ondes dont les travaux sont toujours en cours. Un
consensus paraît peu probable entre opérateurs cellulaires
et défenseurs de l’environnement au moment où un tribunal
vient d’interdire l’installation d’une antenne relais à
Paris. En l’absence de preuves indiscutables infirmant ou
confirmant la dangerosité des ondes électromagnétiques, le
principe de précaution s’impose et recommande de protéger
les populations sensibles ainsi que de favoriser
l’utilisation de technologies alternatives comme le CPL
Convoqué par le ministre de la santé au printemps
dernier, les travaux du « Grenelle des ondes » semblent dans
l’impasse. La dernière proposition de ce comité suggère de
mettre en place un bureau de contrôle chargé d’effectuer des
mesures d’exposition, mais l’indépendance de ce bureau est
déjà mise en question.
Les positions semblent difficiles à réconcilier
entre d’une part les opérateurs de téléphonie mobile et
d’autre part les associations comme les « Robin des Toits »
qui militent pour une réduction drastique des seuils
d’émission des antennes relais. La réduction proposée qui
verrait la puissance d’émission passer de 42 volts par mètre
(V/m) à 0,6 V/m s’oppose à la résistance des opérateurs qui
craignent de devoir multiplier le nombre d’antennes, et donc
de voir leurs marges baisser, si une telle mesure devait
entrer en application.
Ces mêmes opérateurs doivent désormais faire face à la
possibilité de se voir interdire l’installation de nouvelles
antennes par la justice. C’est ce qui vient de se passer en
Août dernier avec la décision du tribunal de Créteil
interdisant l’installation par Orange d’une nouvelle antenne
relais dans le XIIIème arrondissement de paris.
Au-delà de la question de la nocivité des antennes relais
se pose la question des autres sources de pollution
électromagnétique comme le Wi Fi dont l’usage tend à se
généraliser. La finalisation de la nouvelle norme Wi Fi
802.11 n portant le débit de cette technologie à plusieurs
centaines de Mb/s ne va pas arranger les choses.
Dans le même registre, un certain nombre de voix se font
entendre pour réclamer un réexamen des ampoules basse
consommation dont l’usage va progressivement devenir
obligatoire pour remplacer les lampes à incandescence. Des
tests montrent que si ces ampoules consomment beaucoup moins
qu’une ampoule classique, elles émettent par contre une
quantité importante d’ondes qui inquiètent certaines
associations.
Face à une exposition croissante à la pollution
électromagnétique, les voix s’élèvent pour protéger les
populations à risque comme les enfants en prônant
l’interdiction des portables dans les écoles et collèges.
Une autre précaution simple à mettre en œuvre consiste à
remplacer les antennes Wi Fi par des adaptateurs CPL dont
l’usage tend à se populariser.
En attendant de disposer d’études scientifiques
indiscutables concernant la nocivité de ces ondes, la
médiatisation de ces questions aura eu pour conséquence de
sensibiliser une grande partie de la population qui est
invitée à faire preuve de bon sens dans l’utilisation de ces
technologies au quotidien.