Assemblée nationale et hadopi

Le gouvernement promet un vote rapide du projet de loi « Création et Internet » destinée à prévenir le piratage numérique 

 


Nicolas Sarkozy annonçait le deux février son intention de faire adopter rapidement le projet de loi Création et Internet (également connu sous le nom de loi HADOPI).

Ce texte a pour objet de protéger le marché du numérique qui compte sur les dispositions annoncées pour stopper la baisse de ses revenus. L’industrie du disque a ainsi généré 600 millions d’euros en 2008 contre 1,3 milliards d’euros en 2002 alors que le téléchargement légal de musique numérique n’a représenté que 70 millions d’euros l’année dernière.
Pirate
Le mécanisme de dissuasion à la base du projet gouvernemental prévoit qu’en cas d’activité suspecte un internaute reçoive des messages d’avertissement par mail, puis par lettre recommandée avant de se voir couper son accès s’il persiste dans ses téléchargements illicites. Le projet de loi prévoit la possibilité de convenir d’une transaction afin d’éviter la coupure pure et simple. Une nouvelle autorité dénommée « Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet » (Hadopi) sera chargée de mettre en œuvre ces sanctions. Le ministre de la culture escompte de ce dispositif une réduction de 70 % du piratage.

En réaction aux critiques dénonçant les conséquences d’une coupure de l’accès Internet, les sénateurs ont adopté un amendement prévoyant de laisser certains services à l’internaute comme la messagerie.

Ce projet de loi a suscité un grand nombre de critiques de la part d’associations de consommateurs, de la CNIL et pourrait être en butte aux critiques de la commission européenne qui s’est récemment prononcée contre le principe de riposte graduée.