L’annonce surprise de cette acquisition remet
en question l’équilibre des relations entre les grands
acteurs de l’industrie informatique.
L’annonce surprise de cette acquisition remet en question l’équilibre des relations entre les grands acteurs de l’industrie informatique.
Acquéreur inattendu du constructeur californien Sun, Oracle a créé la surprise en remplaçant au pied levé IBM jusque là officiellement candidat à la reprise du groupe.
En absorbant Sun pour 7,4 milliards de dollars, Oracle se transforme d’éditeur de logiciels en une société offrant un ensemble de matériels, de services et logiciels plus proche d’un IBM ou un HP que d’un Microsoft.
Sun, c’est non seulement une offre de stations et de serveurs qui a connu son heure de gloire à l’apogée de la vague .com à la fin des années 90 mais c’est également le langage Java, le système d’exploitation Open Source Solaris, Star Office et enfin MySQL le moteur de base de données phare du monde libre acquis il y a un an.
Lors de l’annonce de l’opération, Oracle déclarait que Solaris et Java avaient joué un rôle essentiel dans la décision de prendre le contrôle de Sun. L’offre middleware d’Oracle repose sur Java et Solaris représente un des principaux environnements d’exécution du SGBD de la société. Il n’en reste pas moins que les deux sociétés ont un certain nombre d’offres en commun parmi lesquelles le nouveau groupe devra trancher.

Scott Mac Nealy fondateur de Sun aux côtés de Larry Ellison patron d’Oracle lors de l’annonce du rapprochement entre les deux sociétés.
Si cette acquisition va indubitablement renforcer la position d’Oracle en tant que fournisseur global de solutions, elle va également remettre en question la nature des relations qui unissaient l’éditeur californien à ses partenaires hardware tels que HP, Dell ou IBM en poussant certains de ceux-ci à se rapprocher de Microsoft et de son offre SQL Server.
Beaucoup s’interrogent sur le devenir de MySQL dans une société dont le modèle d’affaires repose sur la commercialisation de solutions propriétaires. Les mêmes interrogations se posent concernant Solaris, jusque là disponible gratuitement ainsi que pour Open Office.
Certains analystes expliquent cette opération par le désir d’Oracle de disposer rapidement d’une plateforme « Cloud Computing», ce que Sun avait justement constitué avec une solution combinant datacenter et couche logicielle. Cette perspective alliée à une valorisation attractive aurait motivé l’initiative inattendue d’Oracle. D’autres observateurs ne seraient pas surpris de voir Oracle procéder à une vente par appartements de Sun pour ne conserver que les actifs logiciels qui l’intéressent.
Enfin, cette acquisition marque la poursuite d’un mouvement de consolidation de l’industrie informatique et l’importance toujours plus grande d’un nombre restreint d’acteurs parmi lesquels figurent IBM, HP , SAP, Microsoft et le nouveau groupe issu de la fusion d’Oracle et de Sun.