L’annonce début juillet de Chrome OS, un système
d’exploitation développé par Google, en riposte au lancement
de Bing par Microsoft quelques semaines plus tôt constitue
le dernier développement d’un affrontement de plus en plus
intense entre les deux sociétés.
En dévoilant « Bing » en mai dernier, la dernière version
de son moteur de recherche, Microsoft relançait son
offensive en direction de la principale source de revenus de
Google, à savoir la vente d’espaces publicitaires sur le
Net.
La réaction de Google ne devait pas longtemps se faire
attendre. Avec l’annonce de Chrome OS, quelques jours avant
la finalisation de Windows 7, Google vise à son tour
une des sources principales de revenus de Microsoft.
De son côté, l’éditeur de Seattle annonçait quelques
jours plus tard OWA (Office Web Applications), la version
« web » de la suite Office qui permettra de travailler sur
des documents Office depuis un navigateur. Cette version,
gratuite, d’Office représente naturellement la réponse de
Microsoft à l’offre bureautique de son rival dénommée Google
Apps.

Une copie d'écran de la future version
Web d'Excel 2010
Enfin, l’encre est encore fraîche sur l’accord de
coopération qui lie désormais Microsoft et Yahoo pour dix
ans dans le domaine de la recherche et de la publicité sur
internet.
Les annonces de ces dernières semaines sont le signe
d’une intensification de l’affrontement que se livrent
Microsoft et Google, conséquence inéluctable de trajectoires
nécessairement destinées à entrer en collision.
Un des rares regrets publics de Steve Ballmer, l’actuel
patron de Microsoft succédant à Bill Gates, a été de ne pas
avoir investi suffisamment tôt dans les moteurs de
recherche, faute d’avoir réalisé le potentiel publicitaire
de cette technologie. Depuis plusieurs années, Microsoft
essaye donc de rattraper son retard en investissant des
milliards de dollars dans une infrastructure « cloud
computing » tout en négociants des partenariats comme celui
qu’il vient de conclure avec Yahoo afin d’atteindre
rapidement une taille critique face à Google.
Même si les résultats obtenus par Microsoft dans ce
domaine restent assez limités, il n’en reste pas moins que
Microsoft représente le seul concurrent capable
potentiellement de menacer Google.
Cette réalisation a amené cette société à lancer une
série de services (GMail, Google Apps, Google Maps, …
destinés tout autant à attirer les internautes qu’à
affaiblir Microsoft en diminuant ses revenus dérivés
d’Office et maintenant de Windows.
Il est bien trop tôt pour pronostiquer l’issue d’une
bataille qui tient plus de la guerre de cent ans que de la
blitzkrieg. Les deux protagonistes sont assis sur des
trésors de guerre se comptant en dizaines de milliards de
dollars et ont fait preuve dans le passé de leur ténacité et
de leur capacité à innover.
En tout état de cause, il est vraisemblable que la
version Web d’Office n’eût pas vu le jour, en tout cas pas
aussi vite, sans la concurrence de Google Apps. Il est tout
aussi probable que Google fera évoluer son moteur de
recherche en tirant le meilleur des idées intégrées dans
Bing.
Quelle que soit l’issue de cette bataille de titans, la
conséquence nette pour les utilisateurs prendra la forme
d’une accélération du rythme de l’innovation qui se traduira
pour les internautes par des outils plus performants, preuve
qu’il est finalement des conflits dont les retombées peuvent
s’avérer positives pour le grand public.